
Votre plancher de garage ressemble à une carte routière. Fissures, taches d’huile incrustées, poussière de béton qui colle aux pneus. Vous avez regardé les kits époxy chez Canadian Tire. Puis vous avez vu les prix des installateurs professionnels. Et maintenant vous êtes perdu entre époxy, polyuréa, polyaspartique. Je comprends. Sur les chantiers que j’observe dans le Grand Montréal, cette confusion coûte cher à ceux qui font le mauvais choix.
- L’époxy de quincaillerie ne tiendra pas plus de 2 hivers sur un garage commercial
- Le polyaspartique permet un retour en service dès le lendemain, même par -7°C
- Comptez entre 3 $ et 12 $ du pied carré selon le produit choisi
- La préparation du béton détermine 80 % de la durée de vie du revêtement
Ce qu’on ne vous dit pas sur l’époxy de quincaillerie
Soyons clairs : le kit époxy à 150 $ que vous avez vu en magasin n’est pas conçu pour votre garage commercial. Ces produits grand public contiennent moins de 50 % de solides. Ça veut dire quoi concrètement ? Une couche finale tellement mince qu’elle s’use en quelques mois sous le passage de véhicules.
Attention : L’époxy standard va jaunir avec l’exposition à la lumière du jour, selon les données 2025 de Colobar. Si votre garage a des fenêtres ou une porte souvent ouverte, oubliez l’époxy classique.
L’erreur la plus fréquente que je constate ? Les propriétaires comparent le prix au pied carré sans regarder l’épaisseur finale. Un époxy 100 % solides coûte plus cher à l’achat, mais il dépose une couche 3 à 4 fois plus épaisse. C’est cette épaisseur qui fait la différence après deux hivers québécois.
L’époxy professionnel et l’époxy de quincaillerie portent le même nom. Ils n’ont rien à voir. C’est comme comparer une Honda Civic à une Formule 1 parce que les deux ont quatre roues.
Époxy, polyuréa, polyaspartique : le match pour votre garage
Trois familles de polymères dominent le marché des revêtements de garage commercial. Chacune a ses forces et ses limites. Mon conseil terrain : arrêtez de chercher le produit parfait. Cherchez celui qui correspond à votre usage réel.
L’époxy professionnel : solide mais patient
L’époxy reste le choix économique pour les garages à usage modéré. Sa résistance chimique est excellente : huile moteur, liquide de frein, antigel, tout ça glisse sans pénétrer. Le problème ? D’après CAA-Québec, le temps de séchage tourne autour de 3 à 5 jours. Pour un garage commercial, ça veut dire fermer boutique presque une semaine.
L’époxy n’aime pas le froid. Température minimale d’application : environ 10°C. En octobre au Québec, c’est déjà limite.
Le polyuréa : le blindé qui ne craint rien
Le polyuréa offre une flexibilité que l’époxy n’a pas. Il absorbe les chocs, résiste aux impacts d’outils tombés, ne fissure pas avec les variations de température. C’est le choix des entrepôts avec chariots élévateurs et des ateliers de mécanique lourde.
Son défaut ? Le prix. Et l’application nécessite un équipement spécialisé que peu d’installateurs possèdent au Québec. Si vous cherchez des spécialistes en revêtement de plancher de garage, vérifiez qu’ils maîtrisent cette technologie.
Le polyaspartique : le compromis québécois
Franchement, pour un garage commercial au Québec, le polyaspartique est mon choix par défaut. Selon l’analyse de Surface Béton Expert, sa température d’application peut descendre jusqu’à -30°C. Durcissement en 2 heures maximum. Retour en service le lendemain.
Il ne jaunit pas, résiste aux UV, tolère le sel de déglaçage. Pour le climat québécois avec ses cycles gel-dégel, c’est le produit le mieux adapté. Il coûte plus de 10 $ du pied carré, mais sur 30 ans de durée de vie potentielle, le calcul se défend.

| Critère | Époxy pro | Polyuréa | Polyaspartique |
|---|---|---|---|
| Temps de cure | 3-5 jours | 24 heures | 2 heures |
| Température min. application | 10°C | -5°C | -7°C à -30°C |
| Prix au pi² | 3-7 $ | 8-12 $ | 10-15 $ |
| Résistance UV | Faible (jaunit) | Bonne | Excellente |
| Durée de vie | 10-15 ans | 20+ ans | 20-30 ans |
Quel revêtement pour votre usage ?
-
Atelier mécanique avec huile et produits chimiques :
Polyuréa ou polyaspartique. L’époxy résiste aux produits chimiques, mais le polyaspartique offre un retour en service plus rapide.
-
Entrepôt avec charges lourdes et chariots :
Polyuréa. Sa flexibilité absorbe les impacts répétés sans fissurer.
-
Garage résidentiel à usage intensif :
Époxy professionnel ou polyaspartique selon votre budget.
-
Temps d’arrêt minimal obligatoire :
Polyaspartique, sans hésitation. Retour en service dès le lendemain.
Les 4 erreurs qui tuent votre revêtement avant l’hiver
Sur les chantiers que j’ai pu observer dans le Grand Montréal, l’erreur la plus fréquente reste l’application d’un revêtement sur un béton mal préparé. Résultat : le revêtement se décolle en plaques après un ou deux hivers. Ce constat est limité à ma zone d’intervention et peut varier selon la qualité du béton existant et les conditions d’humidité.

Les 4 erreurs fatales à éviter
-
Sauter l’étape du grenaillage
Le grenaillage crée un profil de surface qui permet au revêtement d’adhérer. Sans ça, vous collez du plastique sur du verre. Ça ne tient pas.
-
Ignorer l’humidité du béton
Un béton qui paraît sec peut contenir de l’humidité en profondeur. Le test au plastique est obligatoire : collez un carré de plastique 24 heures. Si de la condensation apparaît dessous, le béton n’est pas prêt.
-
Appliquer par temps trop froid ou trop chaud
Chaque produit a sa plage de température. L’époxy en dessous de 10°C ne polymérise pas correctement. Vérifiez la fiche technique, pas la météo générale.
-
Choisir un installateur sans licence RBQ
Au Québec, selon les exigences CAA-Québec, tout entrepreneur doit détenir une licence de la Régie du bâtiment. Vérifiez le registre avant de signer quoi que ce soit.
Cas concret : Marc, atelier mécanique à Longueuil
J’ai accompagné Marc l’année dernière. Propriétaire d’un atelier de mécanique automobile de 150 m² avec circulation intensive. Son époxy, posé par un concurrent trois ans plus tôt, s’était écaillé après 18 mois. Budget limité pour refaire les travaux. Nous avons opté pour un revêtement polyaspartique avec garantie 10 ans. Temps d’arrêt : 2 jours au lieu des 5 prévus initialement. Six mois plus tard, pas une égratignure.
L’aménagement de votre boutique passe aussi par des choix durables comme celui du plancher. Un revêtement qui s’écaille envoie un mauvais signal à vos clients.
Vos questions sur les revêtements de garage commercial
Combien coûte un revêtement de plancher de garage professionnel ?
Comptez entre 3 $ et 12 $ du pied carré au Québec selon le type de produit. Pour un garage de 500 pieds carrés, ça représente entre 1 500 $ et 6 000 $. Le polyaspartique se situe dans le haut de cette fourchette, mais sa durée de vie compense l’investissement initial.
Combien de temps avant de pouvoir utiliser mon garage ?
Avec l’époxy professionnel, prévoyez 3 à 5 jours. Le polyaspartique permet un retour en service dès le lendemain pour une circulation légère, et sous 48 heures pour un usage normal.
Le revêtement résiste-t-il au sel de déglaçage ?
Le polyaspartique résiste bien au sel. L’époxy standard est plus vulnérable, surtout si la couche est mince. Demandez à votre installateur une confirmation écrite de la résistance aux chlorures.
Peut-on appliquer un revêtement en hiver au Québec ?
Le polyaspartique peut s’appliquer jusqu’à -7°C, parfois -30°C selon les formulations. L’époxy exige au minimum 10°C. En pratique, chauffez le garage 48 heures avant l’application pour stabiliser la température du béton.
Quelle est la durée de vie d’un revêtement professionnel ?
Avec une application dans les règles de l’art et un entretien minimal, un revêtement professionnel peut durer environ 30 années. Les garanties fabricants vont généralement jusqu’à 20 ans.
La prochaine étape pour vous : Demandez au moins trois soumissions. Comparez non seulement les prix, mais aussi les produits proposés, l’épaisseur finale garantie et les délais de cure. Vérifiez la licence RBQ de chaque soumissionnaire.
Avant de finaliser votre choix de revêtement, assurez-vous que votre local répond aux critères pour votre local commercial. Un plancher impeccable dans un emplacement mal adapté, ça ne sert à rien.